FILIATION

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FILIATION
FILIATION

FILIATI

Les liens de filiation peuvent ĂȘtre approchĂ©s de plusieurs points de vue: biologique, anthropologique, juridique, psychologique, mĂ©dical. Cette approche pluridisciplinaire moderne tend Ă  occulter le fait que la filiation est d’abord et avant tout une construction normative qui assigne Ă  l’individu une place dans la hiĂ©rarchie des gĂ©nĂ©rations et au sein de la sociĂ©tĂ©.

La filiation lĂ©gitimĂ©e par le droit reste en effet irrĂ©ductible Ă  une approche simplement biologique. Ainsi, dans notre sociĂ©tĂ©, la filiation adoptive constitue un exemple oĂč les liens par le sang sont rendus caducs par un acte juridique: celui-ci dĂ©crĂšte que l’adoptĂ© n’appartient plus Ă  sa famille par le sang et confĂšre Ă  la famille adoptive les mĂȘmes droits et devoirs envers l’enfant que la famille biologique. Bien loin de constituer une fiction exceptionnelle dans un systĂšme par ailleurs soumis au raisonnement biologique, cet exemple manifeste le caractĂšre fondamentalement dĂ©claratoire de la filiation Ă©tablie en droit. Notre Code civil distingue trois modes de filiation: la filiation lĂ©gitime, lorsque l’enfant est issu d’un couple de parents mariĂ©s ensemble; la filiation naturelle, lorsque l’enfant est issu d’un couple de parents qui ne sont pas mariĂ©s ensemble, ou qui ne peuvent l’ĂȘtre, comme dans le cas d’un enfant incestueux; la filiation adoptive.

Il faut absolument distinguer le lien biologique de la filiation instituĂ©e, c’est-Ă -dire attestĂ©e par la sociĂ©tĂ©. Sans systĂšme de parentĂ© Ă©tabli par une sociĂ©tĂ©, les liens de sang ne renvoient qu’à l’animalitĂ©. En effet, la filiation biologique est simplement le rĂ©sultat d’un rapport fĂ©condant entre deux personnes de sexe diffĂ©rent. Nulle autre condition n’est requise. Or, d’aprĂšs les travaux des ethnologues, dans toutes les sociĂ©tĂ©s connues (rĂ©serve faite d’exceptions, par exemple en Égypte antique) l’inceste est prohibĂ©. Cette interdiction apparaĂźt comme une loi universelle liĂ©e Ă  la nature humaine elle-mĂȘme. LĂ©vi-Strauss en fait «la ligne de passage entre nature et culture» (Structures Ă©lĂ©mentaires de la parentĂ© , chap. I et II). Il pense l’exogamie comme une rĂšgle du don: «La prohibition de l’inceste est moins une rĂšgle qui interdit d’épouser mĂšre, sƓur ou fille qu’une rĂšgle qui oblige Ă  donner mĂšre, sƓur ou fille Ă  autrui. C’est la rĂšgle du don par excellence» (op. cit. , p. 152). C’est cette rĂšgle qui offre une garantie au rĂ©seau d’alliances.

Les liens de filiation sont donc toujours dĂ©terminĂ©s par des rĂšgles d’alliance, qui reposent sur un systĂšme d’interdiction et d’autorisation, dĂ©limitant les choix possibles pour un conjoint. Sur le plan social, la transgression rĂ©pĂ©tĂ©e de l’inceste par les membres d’une sociĂ©tĂ© provoquerait un retour Ă  l’état de nature, c’est-Ă -dire au rĂšgne de la satisfaction immĂ©diate des dĂ©sirs sans recours au langage, et mettrait en pĂ©ril la rĂ©gulation de l’échange. La thĂ©orie freudienne (explicitement dans l’ouvrage Malaise dans la civilisation , 1929) soutient qu’aucune culture ne peut s’édifier sans que la satisfaction des pulsions sexuelles ne soit contrainte au dĂ©placement ou Ă  la sublimation. L’interdiction de l’inceste est le plus originaire de ces mĂ©canismes.

Si les liens biologiques ne sont pas structurants pour la sociĂ©tĂ©, ils ne le sont pas plus dans la constitution du sujet. La transgression de l’inceste au sein d’une parentĂ© produit une confusion des gĂ©nĂ©rations. Elle brouille les frontiĂšres permettant au sujet de se repĂ©rer comme maillon d’une chaĂźne et comme l’un des pĂŽles fixĂ©s du triangle Ɠdipien. Aussi, par-delĂ  le versant juridique et anthropologique, la filiation intĂ©resse la psychiatrie et la psychanalyse par la pathologie qui s’exprime au travers des dĂ©lires de filiation et de certaines psychoses. Pour apprĂ©cier l’aspect structurant des liens de filiation, et par lĂ  mĂȘme les troubles que provoquent leur dĂ©sorganisation, le psychiatre J. Guyotat (Mort, naissance et filiation , 1980) a distinguĂ© deux pĂŽles: la filiation narcissique et la filiation instituĂ©e, c’est-Ă -dire lĂ©gitimĂ©e par la sociĂ©tĂ©. La filiation narcissique est une construction imaginaire concernant la filiation du sujet. Elle est Ă©laborĂ©e soit par le sujet lui-mĂȘme, soit par sa famille; dans ce dernier cas, elle est transmise sous la forme d’un mythe familial.

La construction par l’enfant au stade Ɠdipien d’un «roman familial» est un exemple de l’expression de la filiation narcissique. C’est Freud qui a dĂ©couvert, au dĂ©tour des cures de nĂ©vrosĂ©s, cette formation imaginaire qui constitue une rĂ©ponse aux blessures narcissiques Ă©prouvĂ©es par l’enfant Ă  ce stade (Naissance de la psychanalyse , manuscrit M, 1887-1902). Ainsi, l’enfant s’imagine ĂȘtre nĂ© d’un autre couple que le couple parental, en gĂ©nĂ©ral un couple plus prestigieux. Cela lui permet de rĂ©duire la tension nĂ©e des dĂ©sirs Ɠdipiens frustrĂ©s et de se distinguer de ses frĂšres et sƓurs. Dans un dĂ©veloppement normal, la filiation narcissique est dĂ©sinvestie peu Ă  peu devant l’épreuve de rĂ©alitĂ© qui ne cautionne pas cette double filiation.

Les dĂ©lires de filiation s’apparentent Ă  la formation d’un roman familial, mais ici le dĂ©ni de la rĂ©alitĂ© au profit de la toute-puissance de la pensĂ©e et de la satisfaction hallucinatoire du dĂ©sir transporte ce processus normal dans le domaine de la pathologie. En gĂ©nĂ©ral, ces personnes qui s’attribuent une filiation illustre ont des liens de filiation rĂ©els mal dĂ©finis (comme par exemple ceux de l’enfant naturel). Aussi le lien imaginaire se tisse sans ĂȘtre doublĂ© d’un lien rĂ©el et masque ainsi une blessure narcissique profonde.

D’autres dĂ©sorganisations du lien de filiation sont connues des psychiatres et des psychanalystes. Toutes ces pathologies ont en commun de s’exprimer par une expansion du lien de filiation narcissique. Or celui-ci, de par son essence imaginaire et singuliĂšre Ă  chacun, ne peut ĂȘtre symbolisĂ© par la sociĂ©tĂ©.

Dans les sociĂ©tĂ©s d’Afrique, de type clanique, il semble que le lien de filiation narcissique soit toujours maĂźtrisĂ©. En effet, le membre d’un clan reçoit une affirmation quotidienne de son appartenance Ă  une lignĂ©e: d’une part, parce qu’il vit en symbiose forcĂ©e avec sa sociĂ©tĂ©, d’autre part, parce que l’identitĂ© ancestrale est commĂ©morĂ©e pĂ©riodiquement. Lorsqu’un membre prĂ©sente des liens trop serrĂ©s (tel, par exemple, le sentiment de possession) ou trop relĂąchĂ©s, la sociĂ©tĂ© entiĂšre se sent concernĂ©e. Certains de ses membres (chaman, sorcier...) sont chargĂ©s de rĂ©aliser par une mise en scĂšne symbolique collective l’intĂ©riorisation de l’identitĂ© ancestrale.

Dans les sociĂ©tĂ©s industrialisĂ©es, la filiation instituĂ©e s’instaure par la transmission du patronyme. Celui-ci est parfois chargĂ© d’histoire, c’est-Ă -dire qu’il est dĂ©positaire d’une succession de faits, mais le plus souvent il est, vis-Ă -vis du groupe, paradoxalement anonyme. Aussi la filiation instituĂ©e ne peut-elle que difficilement endiguer l’expansion dĂ©lirante de la filiation narcissique.

filiation [ filjasjɔ̃ ] n. f.
‱ XIIIe; lat. filiatio, de filius → fils
1 ♩ Lien de parentĂ© unissant l'enfant Ă  son pĂšre (filiation paternelle) ou Ă  sa mĂšre (filiation maternelle).⇒ agnat; cognation, consanguinitĂ©. Filiation lĂ©gitime, naturelle. « Pantagruel est fils de Gargantua. On ne peut douter de cette filiation » (France). Filiation adoptive. Filiation matrilinĂ©aire, patrilinĂ©aire.
2 ♩ LittĂ©r. Lien de descendance directe entre les personnes qui sont issues les unes des autres. ⇒ descendance, famille, lignĂ©e. Établir sa filiation. ⇒ gĂ©nĂ©alogie.
3 ♩ (XVIIIe) Succession de choses issues les unes des autres. ⇒ enchaĂźnement, liaison. La filiation des idĂ©es, des Ă©vĂ©nements. La filiation des mots (⇒ Ă©tymologie) , des sens.

● filiation nom fĂ©minin (bas latin filiatio, -onis) Ascendance ou descendance entre individus en ligne directe ou collatĂ©rale. Liaison de choses rĂ©sultant l'une de l'autre, s'engendrant l'une l'autre : Filiation des mots. Mode selon lequel se transmettent, dans un systĂšme de parentĂ©, le nom, le lieu d'habitation et/ou l'appartenance Ă  une classe matrimoniale et qui se rĂ©alise soit par le pĂšre (systĂšme patrilinĂ©aire), soit par la mĂšre (systĂšme matrilinĂ©aire), soit par deux combinaisons possibles des deux lignĂ©es maternelle et paternelle (filiation bilatĂ©rale ou bilinĂ©aire). ● filiation (expressions) nom fĂ©minin (bas latin filiatio, -onis) Filiation lĂ©gitime ou lĂ©gitimĂ©e, enfant(s) dont la maternitĂ© et la paternitĂ© s'Ă©tablissent dans le mariage. Filiation naturelle, enfant(s) dont la maternitĂ© et la paternitĂ© s'Ă©tablissent hors mariage. Filiation radioactive, relation entre les diffĂ©rents membres d'une famille radioactive. ● filiation (synonymes) nom fĂ©minin (bas latin filiatio, -onis) Ascendance ou descendance entre individus en ligne directe ou collatĂ©rale.
Synonymes :
- lignée
Liaison de choses résultant l'une de l'autre, s'engendrant l'une l'autre
Synonymes :
- chaĂźne
- enchaĂźnement

filiation
n. f.
d1./d Lien de parenté qui unit l'enfant à ses parents.
d2./d Descendance directe de générations successives. Filiation matrilinéaire.
d3./d Fig. Liaison, enchaßnement de choses qui naissent ou dérivent de certaines autres. La filiation des mots.

⇒FILIATION, subst. fĂ©m.
A.— Lien de parentĂ© unissant un ĂȘtre humain Ă  ses ascendants.
1. Lien unissant un enfant à son pÚre ou à sa mÚre. Filiation directe, maternelle, paternelle; établir une filiation. Synon. partiels ascendance, descendance, naissance. Anton. maternité, paternité. Car il est certain que Pantagruel est fils de Gargantua. On ne peut douter de cette filiation (FRANCE, Rabelais, 1909, p. 38).
2. (Lien unissant l') ensemble des gĂ©nĂ©rations d'une mĂȘme famille. Le duc. — Nobles depuis le XIe siĂšcle, (...) beaucoup de nos ducs et pairs voudraient pouvoir Ă©tablir une pareille filiation (DUMAS pĂšre, Laird de Dumbiky, 1844, IV, 5, p. 100). Son intelligence seule semblait tĂ©moigner de sa filiation (MARTIN DU G., Devenir, 1909, p. 133).
3. P. ext. (Lien de) continuité des races, des différentes formes de vie, issues les unes des autres. La race à la fois blanche et cuivrée qui aurait précédé les Ariens et les Sémites et dont les Bretons seraient une filiation directe (GONCOURT, Journal, 1891, p. 101). L'évolution reconnaßt la continuité du monde vivant et la dérivation des formes animales et végétales les unes des autres par filiation (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 1, 1961, p. 542).
B.— Rapport de dĂ©pendance spirituelle.
1. Lien unissant un Ă©lĂšve vis-Ă -vis d'un maĂźtre, gĂ©nĂ©ralement dans une Ɠuvre, une profession. D'ailleurs nos maĂźtres du troisiĂšme degrĂ© se souciaient bien de filiation et de paternitĂ© spirituelle et de rĂ©gner sur les cƓurs (PÉGUY, Argent, 1913, p. 1136). Il [Maupassant] est le disciple et fils spirituel du grand Normand [Flaubert], Ă  tel point qu'on ne trouverait peut-ĂȘtre pas d'exemple littĂ©raire d'une filiation de gĂ©nies aussi pleine, aussi droite, aussi logique (THIBAUDET, Hist. litt. fr., 1936, p. 376).
2. Lien de continuitĂ© entre des Ă©coles, des institutions issues les unes des autres, ou ayant les mĂȘmes origines. La filiation qui s'Ă©tablirait entre toutes les sociĂ©tĂ©s secrĂštes serait une clef nouvelle pour pĂ©nĂ©trer dans les arcanes de l'histoire (SAND, Compagn. Tour de Fr., 1840, p. 13). Il obĂ©issait Ă  la vieille rĂšgle hippocratique de la filiation d'Ă©cole et devait sa notoriĂ©tĂ© Ă  ses travaux personnels autant qu'Ă  son ascendant (BARIÉTY, COURY, Hist. mĂ©d., 1963, p. 789).
3. RELIGION
a) THÉOL. Filiation divine. QualitĂ© de fils de Dieu, par nature (JĂ©sus) ou par adoption (les chrĂ©tiens). Nous oublions que nous sommes des enfants de Dieu et la filiation divine est un fait actuel, comme l'affirme saint Jean (CHARDONNE, Épithal., 1921, p. 337).
b) HIST. RELIG. DĂ©pendance d'une Église, d'une abbaye par rapport Ă  une autre qui l'a fondĂ©e. La filiation de CĂźteaux a une mission spĂ©ciale (HUYSMANS, Oblat, t. 2, 1903, p. 266).
C.— Au fig. EnchaĂźnement logique de choses issues les unes des autres; rapport d'un effet final Ă  une cause principale. (Quasi-)synon. ligne, ordre, succession. Mais considĂ©rons le progrĂšs, et, pour ainsi parler, la filiation logique des Ă©vĂ©nements (LAMENNAIS, IndiffĂ©rence, t. 2, 1817-23, p. 309). Il y a une filiation depuis l'image plus intellectuelle jusqu'Ă  la reprĂ©sentation hallucinante qu'on trouve plutĂŽt dans l'Ă©motion-choc (RICƒUR, Philos. volontĂ©, 1949, p. 242) :
‱ La phonĂ©tique elle-mĂȘme n'a pu rester complĂštement indiffĂ©rente Ă  la signification des mots dont elle analysait les Ă©lĂ©ments, et c'est ainsi qu'elle est arrivĂ©e Ă  Ă©tablir l'origine et la filiation de presque tous les vocables de la langue française.
GOURMONT, Esthét. lang. fr., 1899, p. 13.
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. XIIIe s. « lien de parentĂ© unissant l'enfant Ă  son pĂšre ou Ă  sa mĂšre (surtout en dr.) » (Cout. d'Artois, Ă©d. E. J. Tardif, p. 112); 2. a) 1302 filiacion « Ă©tat d'une Ă©glise, d'une abbaye qui doit son origine Ă  une autre » (Lett. de l'AbbĂ© de Citeaux, II, 78, 1042, A. C. d'Or ds GDF. Compl. : les abbaies de la filiacion de Thart); b) 1752 « succession des choses issues les unes des autres » (VOLTAIRE, DĂ©fense de Milord Bollingbroke, p. 38 ds LITTRÉ); 3. av. 1720 « lien de descendance directe entre ceux qui sont issus les uns des autres » (HAMILTON, MĂ©moires de Grammont, Ă©d. StĂ© Bibliophiles fr., p. 53). Empr. au b. lat. filiatio dr. « lien de parentĂ© unissant l'enfant Ă  son pĂšre ou Ă  sa mĂšre ». FrĂ©q. abs. littĂ©r. :191. Bbg. GOHIN 1903, p. 344. — PANOFF (M.), PERRIN (M.). Le Vocab. de l'ethnol. Banque Mots. 1974, n° 8, pp. 141-142.

filiation [filjɑsjɔ̃] n. f.
ÉTYM. XIIIe; lat. filiatio, de filius. → Fils.
❖
A
1 Dr., cour. Lien de parentĂ© unissant l'enfant Ă  son pĂšre (filiation paternelle) ou Ă  sa mĂšre (filiation maternelle). ⇒ Agnation, cognation, consanguinitĂ©, descendance, parentĂ©. || La filiation est envisagĂ©e par rapport Ă  l'enfant, la paternitĂ© et la maternitĂ© par rapport aux parents. ⇒ État (des personnes). || Filiation lĂ©gitime, d'un enfant nĂ© de parents unis par le mariage. || Preuves de la filiation lĂ©gitime maternelle (preuve de l'accouchement d'une femme mariĂ©e; preuve de l'identitĂ© de l'enfant). || Preuves de la filiation lĂ©gitime paternelle (prĂ©somption de paternitĂ© du mari, sauf cas de dĂ©saveu). || Filiation naturelle simple. || Preuve de la filiation naturelle. ⇒ Reconnaissance (volontaire ou forcĂ©e). || Transformation de la filiation naturelle en filiation lĂ©gitime. ⇒ LĂ©gitimation. — (Anciennt, en dr. franç.). || Filiation adultĂ©rine, incestueuse. — Filiation adoptive. ⇒ Adoption. || De la filiation, titre VII du Code civil (art. 311-342). || De la filiation adoptive, titre VIII (art. 343-370).
1 La filiation des enfants légitimes se prouve par les actes de naissance inscrits sur les registres de l'état civil.
Code civil, art. 319.
♩ Ethnol. RĂšgle qui dĂ©cide comment un individu, en vertu de sa naissance, acquiert son identitĂ© sociale et son statut; spĂ©cialt, rĂšgle dĂ©terminant le groupe parental auquel l'individu sera intĂ©grĂ©. ⇒ ParentĂ© (structure de la). || Filiation matrilinĂ©aire, patrilinĂ©aire, bilinĂ©aire, ou double filiation. || RĂšgle de filiation et rĂšgle de rĂ©sidence.
2 (1872). Lien de descendance directe entre ceux qui sont issus les uns des autres. ⇒ Descendance, famille, gĂ©nĂ©ration, lignĂ©e. || « La filiation de cette famille est bien Ă©tablie depuis trois siĂšcles » (AcadĂ©mie). ⇒ GĂ©nĂ©alogie, origine.
2 (
) des bourgeois d'ancienne famille et d'une réputation bien nette, espÚce de noblesse qui devrait bien valoir celle dont la preuve ne consiste que dans les filiations.
Fontenelle, Geoffroy, in Littré.
B
1 Rapport de dĂ©pendance, d'influence spirituelle. || La filiation de Maupassant Ă , par rapport Ă  Flaubert. → Fils spirituel.
♩ Lien de dĂ©pendance entre des mouvements, des Ă©coles, des thĂ©ories.
2 (Av. 1778). Fig. Succession (de choses issues les unes des autres). ⇒ EnchaĂźnement, liaison, lien, ligne, ordre, succession, suite (→ Direct, cit. 0.1). || La filiation des idĂ©es, des Ă©vĂ©nements. || La filiation des mots (⇒ Étymologie), des sens.
3 Au point de vue lexicographique (
) il ne doit pas ĂȘtre indiffĂ©rent de ranger les acceptions en tel ou tel ordre. Ce n'est point au hasard que s'engendrent, dans l'emploi d'un mot, des significations distinctes et quelquefois trĂšs Ă©loignĂ©es les unes des autres. Cette filiation est naturelle et partant assujettie Ă  des conditions rĂ©guliĂšres, tant dans l'origine que dans la descendance.
Littré, Dict., Préface, II.
3 Relig. Rapport d'une filiale (2.) Ă  son abbaye.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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   Law dictionary

  • Filiation — Fil i*a tion, n. [LL. filiatio, fr. L. filius son: cf. F. filiation. See {Filial}.] 1. The relationship of a son or child to a parent, esp. to a father. [1913 Webster] The relation of paternity and filiation. Sir M. Hale. [1913 Webster] 2. (Law)… 
   The Collaborative International Dictionary of English

  • Filiation — („Abstammung“, lat.: filius „Sohn“,filia „Tochter“) steht im Klosterwesen fĂŒr die Organisationsstruktur von Klöstern eines Ordens, siehe Filiation (Klosterwesen) bei den Zisterziensern, siehe Filiation (Zisterzienser) in der Rechtskunde fĂŒr den… 
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  • filiation — Filiation. s. f. Descendance du fils ou de la fille Ă  l esgard du pere & de ses ayeux. Il a bien prouvĂ© sa filiation depuis 300. ans. Il se dit fig. De la dependance d une Eglise Ă  l Ă©gard d une autre. Cette Abbaye est de la filiation de Clugni 
   Dictionnaire de l'AcadĂ©mie française

  • filiation — 1520s, from Fr. filiation, from M.L. filiationem (nom. filiatio), noun of action from filiare to have a child, from L. filius/filia (see FILIAL (Cf. filial)) 
   Etymology dictionary

  • filiation — [fil΄ē āâ€Čshən] n. [ME filiacion < OFr filiation < LL filiatio < L filius: see FILIAL] 1. the state or fact of being a son or daughter; relation of a child to its parent 2. descent from or as from a parent; derivation 3. a) the forming of 
   English World dictionary

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   Pierer's Universal-Lexikon

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   Meyers Großes Konversations-Lexikon

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  • Filiation — Filiation, lat. deutsch, kindliche Verpflichtung; F.sprobe, s. Ahnenprobe 
   Herders Conversations-Lexikon


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